Groupes d’inclusion financière pour femmes déplacées
Au cours des dernières années, de nombreux villages au Burkina Faso ont été attaqués par des groupes armés surtout dans les régions du Nord. Ces violences ont forcé des milliers de familles à fuir du jour au lendemain, laissant derrière elles leurs terres, leur bétail, leurs biens et tout ce qui constituait leur sécurité.
Parmi les personnes les plus touchées se trouvent les femmes rurales véritables piliers de leurs familles, responsables de l’alimentation, des activités génératrices de revenus, de l’élevage et par conséquent de la survie quotidienne.
Beaucoup de ces femmes décrivent leur situation avec les mêmes mots : « Nous n’avons plus rien, nous avons fui nos villages sans chercher à récupérer quoi que ce soit. Nous avons dû abandonner nos bénéfices et fonds de roulement, nous cherchons à sauver nos vies. Maintenant, nous voulons bien entreprendre de petites activités pour soutenir nos familles mais nous n’avons aucune ressource ».
Pour leur permettre de reconstruire leurs moyens d’existence dans leur lieu de refuge, 15 groupes d’inclusion financière ont été créés en 2024–2025 à Kaya et Ouahigouya dans le cadre de notre projet «Promotion d’une agriculture familiale durable et résiliente». Grâce à ces groupes d’épargne, 331 femmes ont aujourd’hui relancé une activité génératrice de revenus et amélioré le quotidien de leur famille.
Une perte totale des moyens de subsistance
Selon notre partenaire local FESCOPAB, qui travaille directement avec les femmes, toutes ont perdu leurs actifs économiques en fuyant : leur épargne, leurs outils de travail, leurs cultures, leurs stocks.
Un témoignage illustre l’ampleur de ces pertes : Asèta, une agricultrice, atteste qu’avant sa fuite, elle pouvait réaliser un bénéfice de plus de 400.000 FCFA (= 600 €) avec la vente de ses animaux d’embouche, mais depuis son déplacement forcé, elle n’a plus rien.
Avant leur déplacement, les femmes contribuaient largement à l’économie rurale grâce à des activités telles que :
- Aviculture
- Vente de céréales
- Petite restauration
- Couture
- Elevage et surtout embouche ovine et bovine
- Transformation et vente des produits locaux (couscous, gâteaux…)
Certaines avaient acquis des compétences techniques (savonnerie, tissage, culture hors sol), mais ne disposaient d’aucun capital pour démarrer une activité dans leur nouveau lieu de vie.
Le programme vise donc à restaurer leur autonomie économique, en facilitant l’accès au financement responsable et en renforçant leurs compétences entrepreneuriales.

Qu’est-ce qu’un groupe d’inclusion financière ?
Un groupe rassemble 15 à 25 femmes qui épargnent ensemble et s’accordent de petits prêts internes pour lancer ou renforcer leurs activités économiques. Chaque semaine, elles achètent entre 1 et 5 parts (une part correspond à un montant volontairement accessible et défini collectivement). Le fonds constitué sert à octroyer des nano crédits.
Chaque groupe fonctionne selon un cycle de 6 mois : à la fin, l’épargne et les bénéfices sont redistribués entre les membres. Cependant, pour tenir compte de la situation particulière des femmes déplacées, démunies de toutes ressources, les prêts ont été accordés dès la mise en place des groupes à partir du fonds mis à disposition par le projet.
Fonctionnement
Les groupes sont autogérés : Les femmes,
- choisissent leurs membres,
- élisent un comité de gestion,
- définissent leurs propres règles de fonctionnement
Après la constitution des groupes et la formation des femmes, des petits crédits leur sont octroyés directement à partir du fonds mis à disposition par le projet. L’argent est conservé dans une caisse sécurisée par trois cadenas, tenus par trois membres différents. Chaque participante dispose d’un carnet d’épargne et de crédit.
La formation et le suivi sont assurés par des animateurs/trices et superviseurs encadrés par notre partenaire FESCOPAB. Chaque groupe a reçu un kit complet de gestion.
Les objectifs d’épargne incluent :
- le remboursement des prêts,
- la reconstitution d’un fonds de roulement pour relancer une activité agricole ou commerciale
- la scolarisation et les soins des enfants

Reconstruire un avenir digne et durable
Avant la création des groupes, les femmes déplacées avaient très peu ou même pas accès aux services financiers. Grâce à ce projet, elles peuvent désormais :
- redémarrer des activités agricoles,
- acheter des intrants, des graines ou du petit bétail,
- relancer un petit commerce,
- assurer la scolarisation et les soins de leurs enfants.
Selon les données de la FESCOPAB, dès la première séance des groupes, la plupart des femmes ont acheté plusieurs parts – signe d’une forte motivation. Tous les crédits octroyés en 2024 ont été remboursés à temps, preuve de leur engagement. La majorité des groupes a lancé un deuxième cycle de crédit, confirmant la pérennité de cette approche communautaire.
Ensemble, ces femmes, piliers de leurs familles, reconstruisent un avenir porteur d’espoir.
🤝 Aidez-les à se relever – faites un don
Votre soutien permet aux femmes déplacées de :
- relancer leurs activités agricoles ou commerciales,
- rétablir une stabilité familiale,
- retrouver dignité, autonomie et sécurité.
Lëtzebuerger Landjugend a Jongbaueren – Service Coopération asbl.
BCEELULL : LU67 0019 7255 0938 6000
CCRALULL: LU32 0090 0000 0157 8004
👉 Chaque don, même modeste, a un impact direct et contribue à renforcer la résilience de ces femmes dont la détermination à sortir de misère est indescriptive.
Merci pour votre solidarité et empathie.





















