2008 – 2012
Viru 40 Joer hu Lëtzebuerger Entwécklungshëllefer Pionéieraarbecht bei dem Asaz vum Iesel am Akerbau am Burkina Faso geleescht. Si hunn d’Ieselen mat einfache Kieler un e liichte Plou gespaant, sou datt aus dem Laaschtdéier en Zugdéier ginn ass. Vill Aarbechten, besonnesch och där, déi vu Fraën gemaach ginn, goufen doduerch méi liicht an de Rendement gouf gesteigert. Eng rezent Etude beleet de positiven Impakt vun dëser Aarbecht fir d’Baueren. Si huet den Ustouss ginn fir e Projet, deen d’Intensivéierung vum Schaffen mam Iesel um Plateau Central vum Burkina Faso zum Zil huet.
Am neien “Centre technique de l’amélioration de la traction asine” (CTAA) ginn am Laf vu 5 Joer ronn 1.200 Baueren ausgebild, fir méi effizient an artgerecht mat dem Iesel ze schaffen. D’Lieweskonditiounen vun dëse Bauerefamilljen ginn duerch dës “Hilfe zur Selbsthilfe” nohalteg verbessert.
Amélioration et intensification de l’utilisation de la traction asine au plateau central du Burkina Faso par le moyen d’un centre technique (CTAA)
Situation actuelle
La population du Burkina Faso connaît une croissance démographique extrêmement préoccupante ; les Nations Unies prévoient qu’elle quadruplera d’ici 2050.
Les migrations sont également un phénomène fondamental pour comprendre les réalités socio-économiques du Burkina Faso. Les jeunes du plateau central vont travailler dans les chantiers et plantations de la Côte d’Ivoire pour envoyer quelques subsides à leurs familles restées au village. Initialement saisonniers durant la saison sèche, ces mouvements migratoires ont eu tendance à durer de plus en plus longtemps. Seuls les tragiques événements récents de la Côte d’Ivoire ont forcé les jeunes à rentrer dans leur pays natal.
Le facteur le plus limitant actuellement pour un agriculteur mossi est l’aridité. Les précipitations ne permettent de cultiver que quelques mois sur l’année. Pour la majorité des exploitations, la sécurité alimentaire est très incertaine dès que la pluviométrie est déficitaire et les sols trop dégradés. De plus, les cultures maraîchères et fruitières, bases de l’enrichissement des rations alimentaires, ne constituent encore qu’une activité marginale du fait des difficultés d’arrosage en saison sèche.
Ainsi, l’explosion démographique, la limitation des capacités d’accueil dans les pays côtiers et la dégradation des ressources naturelles pèsent très lourdement sur l’avenir des paysanneries burkinabé, particulièrement celles du plateau central.La majorité de cette population est constituée de petits paysans produisant en grande partie pour leur propre subsistance. La partie centrale, « le plateau mossi », est la région la plus limitée dans ses potentialités physiques, mais dont la densité de population est la plus élevée.
Le travail agricole et les transports dans le plateau central du Burkina Faso sont encore en très grande partie effectués manuellement au prix de très gros efforts fournis principalement par les femmes – sarclages manuels, transport de l’eau, transport du bois de chauffe,…
L’utilisation de la traction asine s’est développée depuis une quarantaine d’année, comme l’a montré l’étude menée par le COTA etl’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) en 2003 portant sur l’impact des tous premiers efforts d’introduction de la culture asine au Burkina Faso par les Jeunes Agriculteurs et Viticulteurs du Grand Duché du Luxembourg (LJB & JW) dans les années 1960. Cette étude reconnaît l’importance de ces interventions sur l’essor de la traction asine mais aussi les progrès qui restent à faire pour généraliser et améliorer l’utilisation de l’énergie animale.
Problèmes à résoudre
Toutefois les connaissances insuffisantes de l’espèce asine et de la diversité de ses utilisations potentielles compromettent l’utilisation de l’âne dans l’économie agraire.
Si la traction asine est présente au Burkina Faso depuis plus de quarante ans et est fort répandue dans le pays, une proportion encore importante d’agriculteurs n’a pas d’équipement de culture attelée ou ne l’utilise pas pour les travaux agricoles.
Facteurs pouvant aider à améliorer cette situation
La traction asine, sous plusieurs aspects, peut contribuer très significativement à valoriser les potentialités des terroirs. Outre sa fonction importante en matière de transport, l’âne et la traction asine permettent d’importants progrès agronomiques.
La majorité des agriculteurs se disent favorables à la traction asine et affirment qu’il y a un besoin urgent d’améliorer l’élevage des ânes pour « faciliter les opérations culturales » et rendre l’âne disponible à tout le monde.
Il s’agit donc de promouvoir une meilleure utilisation des ânes qui sont des animaux peu exigeants, rustiques et bien adaptés aux petites exploitations agricoles familiales.
L’amélioration de l’utilisation de la traction asine peut s’appuyer sur des connaissances anciennes sur la conduite des animaux et les harnachements et plus récentes sur les équipements de culture attelée. Il convient, sur ces bases, de former les jeunes, adultes, femmes et hommes qui disposent d’ânes (ils sont très nombreux) et ceux qui souhaitent en acquérir. Elle nécessite également de leur faciliter l’accès aux équipements et produits vétérinaires.
L’effectif des exploitants agricoles concernés et l’importance économique des effets induits de la traction asine sur les temps de travaux et la production agricole justifient la nécessité de la création d’un centre de vulgarisation, de démonstration, de formation et d’appui-conseil aux paysans et aux artisans (Centre Technique de l’Amélioration de la Traction Animale – CTAA). Dans ce Centre, les innovations techniques seront testées dans différents domaines : élevage et sélection des ânes, conduite et dressage des animaux de trait, amélioration des harnachements et diversification du matériel agricole et divers pour l’exploitation familiale (culture attelée, transport, exhaure de l’eau, travaux anti-érosifs,…), itinéraires techniques agricoles en traction asine, augmentation des ressources fourragères par association de l’agriculture et de l’élevage et l’agroforesterie,… . Des appuis-conseils et aides financières seront également fournis pour faciliter l’accès aux équipements et aux ânes.
En effet, lors de l’étude menée en 2003, les producteurs ont exprimé des attentes concrètes portant sur l’aide à l’acquisition de matériel d’attelage (40,80 %) par le biais de crédits d’équipement (28,41 %).
Des facteurs culturels locaux et certaines croyances pourraient freiner la vulgarisation de l’amélioration de l’utilisation de la traction asine. Certains paysans pensent en effet que le « bourricot » peut se débrouiller seul, à la différence du cheval. Cette perception culturelle se traduit par des soins très sommaires et des pratiques d’élevage et d’entretien souvent défectueuses. La formation aura, en la matière, un rôle décisif.
Description du fonctionnement du CTAA
Le Centre s’étendra sur un terrain de 16 ha divisé en deux parties
- 4 ha sont réservés à l’infrastructure immobilière et aux aires de démonstration
- 12 ha sont prévus pour les champs des paysans sous contrat.
Le principe retenu pour la mise en place du CTAA se concentre sur deux types d’actions qui devront aboutir à l’amélioration de la traction asine :
- Des actions en milieu maîtrisé, c’est-à-dire au CTAA, avec participation paysanne à travers les groupements de producteurs. L’accent sera mis sur les tests des innovations techniques (colliers, harnachement, emploi de la kassine,…), la démonstration de ces alternatives et la formation des utilisateurs potentiels.
- Des actions en milieu paysan, mises en place avec l’appui de l’INERA et visant à mieux connaître le “référentiel” paysan, y compris le savoir-faire des producteurs et innovations locales et les contraintes réelles rencontrées dans l’utilisation de la traction asine.
Ce dispositif permettra de comparer les performances de différents systèmes au plan des performances techniques et des résultats économiques (suivi, expérimentations). Le Centre ne vise pas à se substituer à la recherche, mais plutôt à valoriser ses résultats en les mettant en application dans des conditions aussi proches que possible de celles des paysans. L’appui de la recherche apparaît cependant très important en termes de diagnostic initial, mais aussi en terme d’évaluation, de validation, de capitalisation et de publication des résultats obtenus.
Les principales fonctions du CTAA
Après la phase de la construction du Centre, qui s’étendra aux années 1 et 2 et après un diagnostic approfondi élaboré par l’INERA durant l’année 1, pour évaluer le savoir-faire et établir les contraintes des paysans au sujet de la traction asine ainsi que de sélectionner les fermiers coopérant avec le CTAA, le projet rayonnera essentiellement à partir des formations au Centre, dans le milieu paysan d’Imasgo, et des démonstrations de techniques améliorées qu’il délivrera.
Ces formations ne pourront se mettre en place que progressivement et à partir de l’année 3. Elles s’adresseront à différents types de groupes cibles : paysans, artisans et autres acteurs du développement rural. Ces formations différenciées et ciblées se diversifieront avec le temps et le CTAA fera appel, si nécessaire, à des vacataires, étant donné que le Centre ne pourra supporter un volume trop grand de personnel permanent.
Des tests d’innovation et des expérimentations (y compris les innovations paysannes) seront conduits à partir de l’année 3 au Centre et en milieu paysan à travers le réseau des paysans. Les protocoles seront ajustés annuellement en fonction des résultats obtenus l’année précédente.
L’accessibilité au matériel agricole et à l’attelage asin par le biais de micro-crédits en année 3, 4 et 5.
Formation et encadrement de forgerons-artisans locaux pour la fabrication de matériel agricole et le perfectionnement des harnachements asins.
La capitalisation, la communication et la diffusion de l’information par différents supports: fiches, images, films, ateliers, rencontres,… en année 5.
Contexte du projet
Le projet s’inscrit dans un contexte institutionnel très favorable avec un certain nombre de parties prenantes complémentaires :
Au niveau villageois, il existe une forte cohésion sociale qui se traduit notamment par l’existence de nombreuses Organisations de Producteurs et une coordination forte assurée par les Comités Villageois de Gestion des Terroirs (CVGT) : les quatre CVGT partenaires du projet des villages d’Imasgo, de Koalma, de Tiogo et de Sabouna ont une forte capacité de mobilisation des forces vives des villages.
Deux institutions nationales ou régionales apporteront un appui déterminant au projet. Il s’agit de
- l’INERA et
- du CFFA/PROMMATA. Les contributions attendues sont les suivantes :
l’Inera, apportera son appui technique (itinéraires techniques agricoles, systèmes de cultures, Zaï mécanisé) et d’expérimentation.
Le Centre de Formation des Formateurs Agricoles de Kamboincé, Cffa/Prommata, qui coopère avec l’association française pour la Promotion de Matériel Moderne en Traction Animale, Prommata, formera les agents du Centre chargés du matériel agricole ainsi que les forgerons qui fabriqueront les nouveaux équipements.
Bénéficiaires directs
Différents types de bénéficiaires directs seront identifiés à Imasgo et dans les trois autres villages de Koalma, Tiogo et Sabouna :
Il s’agit d’abord des paysans stagiaires, hommes et femmes (estimation 10 % de femmes) des 4 CVGT, venant pour des formations courtes (2 semaines pour une dizaine de stagiaires) pendant l’intersaison agricole. Leur nombre est croissant d’année en année.
Il s’agit ensuite des paysans sous contrat, hommes et femmes (estimation 10 % de femmes) ayant un bon bagage technique, travaillant sur le Centre et bénéficiant ainsi d’une formation leur permettant de s’installer par après avec un attelage qu’ils maîtrisent bien. Ce sont surtout les « jeunes sans terres » qui sont ciblés.
Le Centre met également des démonstrations ciblées à la disposition des paysans de la région, des accueils moins longs d’un à deux jours pour les harnachements, l’attelage par paire, les soins et le dressage des ânes, la diversification du matériel agricole,… . Ces démonstrations se font toute l’année, y compris pendant la campagne agricole.
Enfin, en fonction de la demande des partenaires (CVGT) et des intéressés, il est possible de concevoir des démonstrations très diverses pour différents types d’acteurs: artisans, techniciens, vulgarisateurs, agents de développement, … . Leur effectif sera de l’ordre de 400 tout au long du projet. Au total, en fin de projet, près de 1.280 paysans, paysannes et intéressés auront bénéficié des formations dispensées par le Centre.
Antécédents du projet
L’organisation JBJW-SC a travaillé de 1959 à 1969 au Burkina Faso où elle a fortement participé à l’introduction et à la valorisation de la culture asine dans le pays.
Encouragée par les responsables du Ministère luxembourgeois de la Coopération et de l’Action humanitaire et appuyée sur les compétences du COTA, ensemble avec l’INERA du Burkina Faso, l’ONG JBJW-SC a initié une étude sur l’introduction de la traction asine et de ses effets directs et indirects sur la paysannerie burkinabé.
Le présent projet a été élaboré en se basant sur les résultats de cette enquête et à la demande des CVGT des quatre villages d’Imasgo, de Koalma, de Sabouna et de Tiogo ainsi que de l’ONG AMUS.
L’intérêt que l’ONG JBJW-SC porte à ce projet est donc ancien. En outre, elle bénéficie encore de l’appui d’anciens volontaires qui ont été les promoteurs de la traction asine. Cette dimension historique ajoutée à une volonté d’œuvrer de manière plus structurelle et durable à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs burkinabé la rend particulièrement crédible pour ce projet.
Budget: 1.010.490,75 €
Cofinancé par le Ministère luxembourgeois de la Coopération et de l’Action humanitaire





