Projet 2009 – 2011
Assainissement du Lycée YADEGA à Ouahigouya au Burkina Faso par la mise en place d’une installation de biométhanisation
En collaboration avec le Lycée Technique Agricole – Ettelbruck
Situation actuelle
Le Lycée YADEGA, établissement public d’enseignement secondaire général, a ouvert ses portes en octobre 1946. Il a connu plusieurs dénominations, notamment : Orphelinat, Collège Court, Collège d’Enseignement Général (CEG). Il a pris son actuelle dénomination en 1980.
L’Etat burkinabé assure les salaires du personnel enseignant mais ne contribue que très peu aux frais de fonctionnement. Ainsi, le fonctionnement du Lycée ne peut être assuré que par les frais d’inscription des élèves et par une contribution des parents d’élèves.
Actuellement, le lycée compte 1.900 élèves et 38 – 40 enseignants. Le nombre des élèves est toutefois régulièrement doublé dans la mesure où le lycée propose des cours du soir. Le lycée fait par ailleurs fonction d’un centre régional d’examen. Egalement, des dizaines de lycéens en provenance d’autres lycées viennent étudier régulièrement en groupe dans la salle d’études en plein air.
Le lycée YADEGA étant un établissement secondaire, il regroupe des élèves d’âge compris entre douze ans minimum – sortis du système primaire – et vingt deux ans au plus, prêts pour affronter l’étape universitaire après l’obtention du BAC.
Les élèves du Lycée sont en majorité issus des familles d’agriculteurs, d’éleveurs, de commerçants, de fonctionnaires et de travailleurs du secteur informel de la commune de Ouahigouya et des villages environnants. Ceux qui ne sont pas proches de l’établissement sont confiés à des tuteurs choisis par les parents.
L’établissement bénéficie de temps en temps d’un appui de l’Etat pour l’entretien du bâtiment. L’Etat est intervenu en novembre 2006 pour augmenter la solidité de l’édifice principal. Ces travaux de réfection sont en cours de réception définitive.
Suite aux travaux de réfection du mois de novembre 2007, les bâtiments du Lycée comptent actuellement 16 salles de classes ainsi que des bureaux administratifs, des magasins, des laboratoires et un réfectoire. Les bâtiments principaux du temps colonial (1946) sont construits en pierres taillées et connaissent une grande détérioration, faute de moyens financiers pour assurer un entretien régulier.
Problèmes à résoudre et facteurs pouvant aider à améliorer cette situation
Derrière les bâtiments coloniaux se trouvent des constructions plus récentes prévues comme salles de classe et le laboratoire inutilisé car ne répondant pas aux normes de sécurité. Entre ces deux types de bâtiments se situent la cantine, les installations sanitaires actuelles des élèves et la maison du gardien.
1. Situation sanitaire
L’état des infrastructures sanitaires a particulièrement attiré l’attention des différentes délégations du LTA en mission à Ouahigouya (voir sous II. 9. Antécédents du projet). Les toilettes se trouvaient dans un état déplorable. La majeure partie des portes et la toiture faisaient défaut. Les déjections se déversaient directement sur le sol derrière les toilettes, suite au débordement de la fosse septique. Situés à proximité d’un bâtiment d’enseignement, ces WC empestaient les classes. D’après le Proviseur Mr Séni OUEDRAOGO, le lycée n’a pas les moyens de payer les vidanges de fosses septiques.
Le lycée avait envisagé dans les années quatre-vingt-dix de construire de nouvelles latrines. Elles auraient coûté 5 millions de FCFA. La direction a dû renoncer au projet étant donné que le lycée se trouvait dans l’impossibilité de rassembler cette somme.
Lors d’un de ses voyages, la délégation du LTA a présenté les possibilités offertes par la bio-méthanisation comme mesure d’assainissement. En effet, lors de la mission du LTA en 2003, Madame JACOBS du LTA, en expliquant le processus de bio-méthanisation, avait suscité beaucoup d’intérêt auprès des responsables du Lycée YADEGA. L’idée de la mise en place d’une installation de bio-latrines a alors été longuement discutée avec les responsables locaux et les enseignants du Luxembourg.
Après ces années de contact et d’échanges multiples, de découvertes et de discussions l’ONG-D LJB & JW – SC a été sollicité pour concrétiser les attentes formulées sur le terrain.
Monsieur Bernard KAMP, spécialiste belge en la matière, a alors été contacté pour effectuer une étude de faisabilité concernant l’application de la bio-méthanisation au BF. Lors de la mission du LTA en 2004 et après avoir visité un digesteur de biogaz en état de bon fonctionnement au Collège Technique de Koudougou, Madame JACOBS a retenu trois sites potentiels qui s’apprêtaient pour une première installation. A côté du site du lycée YADEGA, les deux autres sites font partie de la Fédération Nationale des Groupements NAAM (ONG burkinabè regroupant des collectifs de paysans) qui avait aussi manifesté son intérêt pour une pareille installation.
Enfin, du 4 au 19 avril 2005, Monsieur KAMP a effectué l’étude de faisabilité demandée sur les trois sites retenus et a présenté son rapport détaillé aux concernés en mai 2005. Lors des réunions de concertation et sur base de ce rapport, les acteurs du Nord se sont mis d’accord pour se limiter dans une première phase sur le site du Lycée YADEGA et d’y installer un digesteur « pilote ».
En effet, vu l’important investissement que représentent les bio-latrines au lycée, Monsieur Kamp a recommandé un investissement progressif : construire et faire fonctionner d’abord un premier digesteur avant d’en installer d’autres. La décision pour une extension de l’expérience sur les autres sites identifiés par Mme Jacobs sera prise sur base du rapport final du projet pilote et en concertation avec les acteurs du Sud et du Nord.
L’étude a confirmé la possibilité de résoudre le problème de la situation sanitaire par bio-méthanisation (bio-latrines) en relevant néanmoins deux défis:
a) Instabilité du sous-sol
Suite aux recommandations de Monsieur Kamp, une étude des sols a été réalisée au début de l’année 2006 par le Laboratoire National du Bâtiment et de Travaux Publics (L.N.B.T.P) suivant le devis estimatif du 4 novembre 2005. Les résultats de l’étude ont été présentés aux partenaires du Nord en date du 28 septembre 2006.
b) Manque de respect des biens publics
Le va-et-vient permanent sur le site et l’ouverture du lycée au public favorisent l’indiscipline et le vandalisme, les vols et le mauvais usage des installations sanitaires.
Par la signature d’une charte entre le Lycée YADEGA et le LTA lors de la visite des enseignants en novembre 2005 (voir sous II. 9. Antécédents du projet) et renouvelée en date du 28 février 2007, le partenaire du Sud s’est engagé – entre autres – à mener une campagne de sensibilisation régulière et diversifiée au niveau des concernés et de sécuriser l’enceinte du lycée afin de permettre une exploitation durable de l’installation.
Depuis, des campagnes de sensibilisation régulières sont menées par le moyen de différentes actions, dont notamment des pièces de théâtres (une de ces pièces a été suivie des par les représentants du LTA lors de l’avant dernière visite à Ouahigouya) ainsi que d’autres incluses dans les activités culturelles des élèves, qui sont organisées au début et en fin de l’année scolaire. Elle fait également partie des cours de sciences de la vie et de la terre, des journées de salubrité, des initiatives pour l’entretien des latrines existantes,…
Le comité de pilotage conclut que les résultats de ces actions sont assez satisfaisants comme les élèves respectent les règles d’hygiène dans les latrines existantes et ont dors et déjà une notion en matière d’utilisation et de fonctionnement des bio-latrines. Tous les acteurs locaux attendent ainsi impatiemment que le projet soit concrétisé. D’ici là, les séances de sensibilisation se poursuivront comme prévues dans le projet avec les spécialistes en la matière.
2. Processus de désertification
En temps normal, entre 60 et 80 repas de midi sont préparés par jour au feu de bois dans une cuisine dépourvue de cheminée. Lorsque les examens d’Etat sont organisés, 3 repas par jour pour environ 250 personnes y sont préparés pendant 15 jours. Durant cette période l’Etat contribue au fonctionnement de la cuisine par le payement du bois. En dehors de cette période, le fonctionnement de la cuisine doit être assuré par le lycée.
Outre les dépenses qui pèsent sur le budget de l’école, la cuisine scolaire contribue au processus de désertification qui constitue un des grands problèmes de cette région agricole déshéritée. L’utilisation du biogaz, généré à partir des résidus des bio-latrines, peut ainsi contribuer à une réduction considérable de la consommation de bois de chauffe et réduire les dépenses de l’école.
3. Manque d’espaces ombragés
Le lycée possède un jardin potager et un jardin botanique dont les plantes sont arrosées à l’eau du robinet. Toutefois, une grande partie des autres terrains du Lycée est complètement dépourvue de verdure. La création de nouveaux espaces ombragés est prévue par la mise en place d’un verger. Les fruits du verger enrichiront les repas monotones de la cantine. L’entretien du verger, qui fera partie des campagnes de sensibilisation, incitera les élèves du Lycée classique de conserver leurs valeurs agricoles et de planter et de soigner des arbres fruitiers dans les parcelles familiales.
Ces nouvelles plantations seront arrosées avec les eaux usées de la cuve de fermentation qui se composent d’éléments nutritifs valorisant les sols.
Le traitement des eaux usées des latrines par bio-méthanisation est parfaitement cohérant avec le Plan Stratégique National d’Assainissement du Ministère de l’Environnement et de l’Eau du Burkina Faso.
Bénéficiaires du projet
Bénéficiaires directs :
1.900 élèves inscrits, 800 élèves en cours du soir, 38 – 40 professeurs
Bénéficiaires indirects :
L’effet multiplicateur en matière d’assainissement auprès des familles des lycéens est souhaité et aurait valeur d’exemple pour l’ensemble de la population locale environnante.
Toute la population scolaire du LTA qui, à travers ce projet, est sensibilisée aux problèmes gravissimes que rencontrent leurs désormais amis de Ouahigouya.
Partenaire local dans le projet
Responsable formel (politique)
La direction du Lycée YADEGA
Responsable de l’exécution (gestionnaire)
La direction du Lycée a nommé un Comité de pilotage avec un effectif de 9 personnes pour la réalisation, la gestion financière et le suivi du projet. Ce comité est composé des acteurs suivants :
2 représentants de la Direction du Lycée
3 membres du corps enseignant
2 délégués du comité des élèves
2 délégués du comité des parents d’élèves
Il est assisté par des représentants du LTA d’Ettelbrück, Luxembourg
Capacités du partenaire:
Le partenariat se base essentiellement sur les contacts amicaux que le LTA entretient depuis deux ans et qui se sont noués notamment durant les différentes visites au Lycée YADEGA, mentionnées sous II.9. Antécédents du projet. Même si aucun projet n’a été encore réalisé en collaboration avec le partenaire, le sérieux du suivi de ces liens avec la Direction ainsi qu’avec une équipe d’enseignants du Lycée ne peut que nous encourager d’appuyer la demande de financement du Proviseur du lycée.
Antécédents du projet
Le LTA s’est engagé depuis 1999 en faveur de l’Afrique en organisant tous les deux ans un marché de Noël, dont le bénéfice est entièrement donné à une bonne cause. Le premier marché de Noël a ainsi permis de verser des dons en faveur de deux projets menés en Afrique par l’ONG-D Frères des Hommes Luxembourg (un projet de construction de cuisinières solaires à Ouahigouya au Burkina Faso et un projet d’aide à l’insertion de jeunes dans la région de Mopti au Mali) et un troisième projet mené en Afrique par l’ONG-D LJB & JW – SC sur l’extension du Centre de santé à Zoétélé au Cameroun. Chaque marché de Noël a aussi permis de subsidier quelques autres associations œuvrant toujours pour l’Afrique, notamment en contribuant au soutien d’une école dans le nord du Cameroun ainsi que d’une école au Sénégal.
Après le premier marché de Noël, une réelle dynamique s’est enclenchée au niveau de la sensibilisation de la communauté scolaire du LTA, permettant à quelques enseignants d’insérer dans leurs cours une thématique concernant les problèmes rencontrés par les pays du Sud. Peu à peu est née l’idée de sortir de l’abstraction d’un cours formel pour constater sur place la réalité avec des élèves au préalable formés sur des thèmes ciblés.
Depuis lors, chaque année, le LTA entretient des liens privilégiés avec les habitants de la ville de Ouahigouya. Plusieurs voyages d’études ont été organisés en étroite collaboration entre le LTA, FDHL, SOS-FAIM et LJB & JW – SC, qui ont été – en partie – cofinancés par le Ministère de la Coopération et de l’Action humanitaire :
En novembre 2002, dans le cadre d’un projet de sensibilisation, une équipe de 10 élèves et 3 professeurs du LTA s’est rendue au Burkina Faso pour analyser les méfaits de la désertification et les moyens mis en œuvre pour la combattre. Ce premier voyage a pu se réaliser grâce à la collaboration efficace de la regrettée Liliane LUCAS, responsable Afrique de FDHL, et a permis au LTA de découvrir la région du Nord Burkina pour laquelle il s’était mobilisé (projet des cuisinières solaires). Il a été couronné d’un plein succès grâce à la symbiose qui a pu se faire entre la Fédération Nationale des Groupements NAAM, ONG burkinabée regroupant des collectifs de paysans et les représentants du LTA. C’est pendant ce premier déplacement que des contacts concrets ont été pris avec le Lycée YADEGA ;
En novembre 2003, une équipe de 8 professeurs ingénieurs-agronomes du LTA s’est rendue chez les NAAM afin de dispenser divers cours en maraîchage, en horticulture, dans le secteur phytosanitaire, … à environ 150 petits paysans des alentours de Ouahigouya. En expliquant le processus du biogaz, Madame Isabelle JACOBS avait alors suscité beaucoup d’intérêt. C’est aussi lors de cette mission que Madame Micheline TROIAN a lancé le jumelage entre le Lycée YADEGA et le LTA ;
En novembre 2004, dans le cadre d’un nouveau projet de sensibilisation, le jumelage a réellement été construit autour d’un projet commun se basant sur la construction d’un petit jardin potager, mis en place par des élèves burkinabé et luxembourgeois ;
En novembre 2005, une nouvelle mission a permis à une équipe réduite d’enseignants de peaufiner le jumelage lancé officiellement en novembre 2004 et de mieux cerner la problématique au sein de cet établissement scolaire. C’est ainsi qu’une Charte de partenariat a été signée, en présence de députés, du maire de Ouahigouya, de représentants de parents d’élèves, d’enseignants, fixant les droits et surtout les devoirs de chacun.
Comme en cette période toutes les forces de police étaient mobilisées pour l’organisation du scrutin présidentiel, ce n’est qu’après le départ des professeurs que M. Le Proviseur a pu mettre au point avec le commandant du district une stratégie de surveillance de l’enceinte du lycée avec passages réguliers de policiers pour prévenir toute dégradation par intrusion d’éléments étrangers au lycée.
Au mois de février 2007, une autre mission a permis aux participants de renforcer le partenariat et de nouer de nouveaux contacts.
Au mois de janvier 2008, une autre mission de coopération – cofinancé par le Ministère luxembourgeois de la coopération et de l’Action humanitaire (MAE) – a été effectuée par des professeurs et les élèves du LTA avec les objectifs suivants :
Permettre aux responsables de l’ONG Burkina Vert de profiter des expériences, formations et conseils des enseignants spécialistes en maraîchage, horticulture, agronomie et environnement ;
Permettre à des communautés villageoises hors de tout contact au Togo de faire entendre leurs voix ;
Entretenir des liens de coopération directs entre une communauté scolaire du Sud et une communauté scolaire du Nord;
Permettre aux enseignants et aux élèves d’approfondir leurs connaissances sur les réalités de la vie quotidienne en pays sahélien afin d’améliorer l’enseignement des professeurs au niveau de la sensibilisation de leurs élèves et – pour les élèves surtout – de rapporter les enseignements de leur vécu auprès de leurs condisciples et leurs proches ;
Mieux faire circuler une sensibilisation de toute la communauté scolaire du LTA via le rapport final, la campagne de collecte de dons, les réunions préparatoires et les réunions de restitution.
Suivant le rapport final de l’action, ces objectifs ont été atteints à 100 %.
Budget: 50.965,80 €
Cofinancé par le Ministère luxembourgeois de la Coopération et de l’Action humanitaire





